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Haïti avant et après le séisme

Par Frédéric Dayan CGT.

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Haïti avant le séïsme

9 millions d’habitants, dont 2 dans la capitale Port au Prince
Population très jeune : 42,4% ont moins de 14 ans
Mortalité infantile : 71,65 pour mille
Espérance de vie : 53 ans
Taux de séropositivité : 5,6%
Pays le plus pauvre des Amériques

80% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté soit moins de 2 dollars par jour
65% de la population était au chômage
60% de la population est analphabète
Plus de 2 millions de Haïtiens sont émigrés ( Etats Unis, Canada, République dominicaine, Guadeloupe, Guyane, France)
Des conditions de vie infra-humaines pour le plus grand nombre, par absence de services publics et des réseaux :
Pas d’eau potable
Pas d’assainissement
Pas d’électricité La « classe moyenne » a construit des citernes que l’on remplit par camions, a des groupes électrogènes car la fourniture d’électricité est aléatoire surtout depuis la privatisation d’Electricité d’Haïti.

UNE HISTOIRE TOURMENTEE, DES GOUVERNEMENTS SOUS DOMINATION ETRANGERE
Sous domination espagnole puis française, Haïti conquiert son indépendance en 1804, mais le pays paiera sa libération en payant à la France une indemnité de 150 millions de francs or pendant plus d’un siècle

1915 – 1934 les Etats Unis occupent militairement Haïti

1957 - 1986, dictature des Duvalier père et fils qui règnent par la terreur sur Haïti qu’ils pillent systématiquement, la France et les Etats Unis ferment les yeux

1986, une véritable insurrection populaire évince « Bébé Doc » Duvalier et Haïti, sous la pression des pays occidentaux, entre dans une phase de grande instabilité due aux refus des militaires d’accepter un pouvoir civil

1990 élection à la présidence du père Aristide, déchu par le général Cédras, obligé d’accepter le retour au pouvoir d’Aristide en 1994 (jusqu’en 1995), sous la pression du gouvernement de Clinton

1995 - 2000, chaos politique arbitré par les Etats Unis

2000 réélection à la présidence de Jean Bertrand Aristide qui à son tour sème la terreur et pille les maigres ressources de l’Etat

2004 Aristide est exilé en Afrique du Sud sous la pression des Etats Unis et de la France et, peu à peu, se met en place un gouvernement qui tente de stabiliser les institutions et reconstruire une économie en ruines.

Haïti après le séïsme

Selon l’ONU 3,5 millions de personnes vivaient dans les zones dévastées par le séisme

La capitale Port au Prince serait détruite à 60-70%
80 à 90% des édifices des villes de Léogane, Petit Goave et Grand Goave, Jacmel, à l’ouest de Port au Prince, plus proches de l’épicentre du séisme, se seraient écroulés.
Toutes les infrastructures, indispensables à l’organisation de secours, ont été touchées :
La voirie de Port au Prince et les routes permettant de joindre les quartiers éloignés et les villes plus à l’ouest
Plusieurs hôpitaux de Port au Prince en partie effondrés
La caserne de pompiers de la capitale écroulée et en partie brûlée
Le port est ravagé et les containers projetés dans la mer constituent autant d’obstacles à l’accostage de bateaux porteurs de secours
Les radios ne peuvent plus émettre et les lignes téléphoniques sont coupées

Et les bilans humains sont terribles :
Enfants enfouis sous les décombres de leurs écoles
Elèves infirmiers et infirmières enterrés sous les ruines de l’école
Et des dizaines de milliers de morts anonymes ou connus
L’Etat haïtien est lui aussi dévasté :
Le Palais présidentiel s’est effondré, de même que des ministères et l’Assemblée nationale
Une partie du gouvernement, de nombreux fonctionnaires ont disparu dans le séisme, sous les ruines des ministères
L’Etat haïtien, dont les finances sont notoirement très faibles, n’est pas en mesure de faire face à la catastrophe, d’autant moins que les « donateurs » internationaux qui, en 2004, après l’éviction d’Aristide, s’étaient engagés à aider à la reconstruction d’ Haïti, n’ont pas ou que très partiellement tenu leurs promesses (ex la France).

Catastrophes à répétition 1994 cyclone Gordon, 1.122 morts, plus de 1,5 millions de sinistrés

2004 en mai , inondations faisant 2500 morts et 35.000 sans abri en septembre , cyclone Jeanne : 2754 morts et 315.594 sinistrés la ville de Gonaïves (au nord du pays) est la plus touchée

2007 le passage du cyclone Noël se solde par 90 morts et 108.000 sans abri
2008 en août, le cyclone Gustav touche terre et cause la mort de 85 personnes, essentiellement dans le sud est du pays et laisse 70.000 personnes sans toit
en septembre, le cyclone Hanna frappe provoquant la mort de 529 personnes et laisse 48.000 sans abri de plus.

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