A l’issue de la réunion du CE de ce jour, nous sommes de plus en plus
inquiets quant à la réelle volonté de Renault à pérenniser notre fonderie. Au regard de l’évolution de la situation de l’entreprise depuis la reprise par Renault, nous nous demandons même si notre nouvel actionnaire ne fait pas aujourd’hui ce qu’il n’a pas pu faire avant d’être obligé de nous reprendre à savoir : Trouvez une solution alternative !
En effet,
1. Pas de changement dans le discours de la « nouvelle direction » concernant les besoins du site : « Seule notre compétitivité fera le volume et les emplois de FDB de demain »..... « Redevenons compétitifs et nous capterons de nouveaux marchés ».
2. Rien de concret non plus sur nos installations de production qui sont, pour les plus importantes (SPO, sableries, grenaillage...etc), à bout de souffle et responsables notre non-compétitivité en production (taux de rebuts très élevés, installations souvent à l’arrêt). Rien non plus sur les bâtiments sauf toujours le même discours « Nous faisons des devis pour voir si.....mais si nous sommes obligés d’investir dans les locaux, ce sera autant de moins pour l’outil industriel... »
3. Baisse continue et permanente des effectifs avec à la clef perte de savoir faire et dégradations de notre capacité à produire par... manque d’effectifs. On arrête ici pour faire tourner là bas ! La barre des 500 salariés est désormais dépassée. Aucun départ n’est compensé par une embauche !
4. La fonderie FDB, pour être à l’équilibre doit produire au minimum 230 tonnes/jour et cette production minimale n’est pas possible avec 490 salariés actuels, il faudrait embaucher ! (voir le rapport de M. Jean. DAVID, expert du cabinet SECAFI mandaté par le CE). Aujourd’hui nous en faisons à peine 130 tonnes/jour et ceci avec d’énormes difficultés. Il y a peu de temps encore des heures supplémentaires étaient nécessaires... En clair, dans notre situation nous ne sommes pas capables de faire plus de 150 tonnes/jour au maximum et ceci pour les mêmes raisons qu’évoquées plus haut : Installations pas opérationnelles, manque d’effectifs, perte de savoir faire.... et la direction (H.WIBAUX) nous propose de continuer comme cela !
5. Politique sociale en dessous de tout : 0% d’AGS en 2009, 0% d’AGS en 2010. Culpabilisation des salariés, augmentation individuelle -50% !, non reconnaissance des diplômes et des compétences. Conditions de vie et de travail toujours en dégradation.
6. Renault n’est pas le propriétaire des locaux et des terrains ???????
Tous ces éléments ne sont pas et de loin rassurants pour les salariés et leur famille. Ils doivent également interpeller les pouvoirs publics (qui sont pourtant toujours sollicités par Renault pour de nouvelles aides financières) car à contrario, la pérennisation de la SBFM (une des rares fonderies de pièces en fonte à graphite sphéroïdale française encore en vie) nécessite :
1. Des volumes et ils existent : il faut se rappeler que Renault achète pour 200 millions d’euros de pièces fonte (hors sites intégrés). Si on rajoute les besoins de Peugeot, et des autres constructeurs, il y a là de quoi remplir largement FDB et lui assurer chiffre d’affaire, investissements et emplois.
2. Des investissements : dans l’outil avec notamment par le remplacement à court terme de la ligne SPO avec de concert, l’optimisation des deux autres lignes en ce qui concerne l’activité grenaillage, la gestion des flux internes et la généralisation de l’usinage.
3. De nouveaux emplois : Conjuguer à un plan de formation ambitieux il faut assurer le remplacement de tous les départs et réaliser de nouvelles embauches pour anticiper les futurs départs (connus très en amont) et faciliter la nécessaire transmission du savoir faire (la fonderie s’apprend sur le tas !) Pourquoi ne pas recréer une école de fonderie sur le site ?
4. Un service commercial, un service recherche et développement : pour être à l’offensive sur le marché de l’auto mais aussi du ferroviaire, du poids lourds, du machinisme agricole.....
5. Rendre la fonderie attirante : au travers d’une politique sociale et salariale de haut niveau à la hauteur du métier hautement technologique qu’est la fonderie.
6. Investir dans la revalorisation des déchets métalliques (vielles autos et autres déchets métalliques) : par la construction sur le site d’un cubilot qui alimenterait la fusion en flux continu de métal liquide.
Avec la CGT engageons la lutte pour gagner la réelle pérennisation de notre fonderie et de ses emplois !