Le « bon vieux capitalisme » qui gère encore les rapports humains sur la planète punit toujours les pauvres. Il prend même ce malin plaisir à se régénérer dans les catastrophes. Pourtant, l’équilibre d’une civilisation humaine fondé sur le « toujours plus de profits » commence à trembler tant les contradictions sont lourdes entre l’excitation de la soif de bénéfices d’un côté et l’urgence solidaire de l’autre, quel que soit le motif (catastrophes naturelles et/ou humanitaires). Chez nous, le « travailler plus pour gagner plus » du président se retrouve « gros gens comme devant »... Le rétablissement des marges de profit des banques pendant que des millions de travailleurs s’enfoncent dans la pauvreté est significatif d’un scandale permanent. Le syndicalisme permet, ici et là, de belles résistances, comme à la SNCM ou chez Total, pour ne citer que ces conflits qui ne peuvent cacher une multitude d’autres résistances, dont les sans papiers font évidemment partie. Le panier de la question solidaire est plein, sans qu’il y ait besoin d’ordre d’urgence : la retraite, la sécurité sociale, le droit à la santé, le logement, le droit à l’éducation, à la culture, les rémunérations décentes pour vivre libre et dignement et la garantie de l’emploi avec des mesures d’urgence à prendre pour sortir les « sans droits » de la misère. La CGT se doit de n’exclure aucune de ces urgences, parce qu’elles sont intimement liées. En oublier une, pour les besoins d’une seule cause, c’est se tirer une balle dans le pied. Quelles que soient les sanctions politiques à venir, il ne faudra pas l’oublier.
Yvon Huet Infocom-CGT